Mélanges de graines pour oiseaux : un risque méconnu de dispersion de l’ambroisie
Dans un article consacré à l’ambroisie à feuilles d’armoise, Manon De Clercq et Adrien Delforge attirent l’attention sur une voie de dispersion encore méconnue de cette plante exotique envahissante : les mélanges de graines destinés aux oiseaux et aux volailles. Surveillée en Wallonie par l’Observatoire wallon des Ambroisies, un projet de Gembloux Agro-Bio Tech – ULiège, cette espèce représente un enjeu pour la santé publique, la biodiversité et l’agriculture.
Une alerte portée par l’Observatoire wallon des Ambroisies
Chaque année, de nombreux particuliers nourrissent les oiseaux sauvages ou leurs volailles à l’aide de mélanges de graines. Pourtant, ces mélanges peuvent parfois contenir des graines d’espèces végétales indésirables, dont l’ambroisie à feuilles d’armoise.
Originaire d’Amérique du Nord, cette plante exotique envahissante s’implante progressivement en Wallonie. Elle peut provoquer des allergies respiratoires et cutanées, mais constitue également une menace pour la biodiversité locale et pour l’agriculture.
Depuis 2020, sa cartographie et sa surveillance sont assurées par l’Observatoire wallon des Ambroisies, un projet de Gembloux Agro-Bio Tech – ULiège, piloté par l’unité Biodiversité, Écosystèmes et Paysages. L’objectif est de limiter sa propagation et de contribuer à son éradication.
Les graines pour oiseaux, une voie de dispersion importante
En Wallonie, l’une des principales voies de dispersion de l’ambroisie est liée aux mélanges de graines destinés aux oiseaux et aux volailles.
Ces mélanges peuvent contenir des graines provenant de cultures contaminées. Les plantes apparaissent alors fréquemment sous les mangeoires, à proximité des poulaillers ou dans les jardins.
Ce mode de dispersion reste encore méconnu du grand public, alors qu’il peut favoriser l’installation de nouvelles populations dans des espaces privés ou communaux.
Une plante facile à arracher, mais difficile à gérer sur le long terme
L’ambroisie à feuilles d’armoise est une plante strictement annuelle. Elle peut donc être arrachée relativement facilement.
L’intervention est idéale avant la floraison, afin d’éviter la dispersion de son pollen, particulièrement allergisant. Un arrachage reste toutefois possible pendant la floraison, à condition de porter des équipements de protection adaptés.
La gestion de l’espèce reste cependant complexe : certaines graines peuvent rester viables plusieurs dizaines d’années dans le sol. Un suivi des populations doit donc être maintenu sur le long terme, même après l’arrachage des plants visibles.
La participation citoyenne, un levier essentiel
L’Observatoire wallon des Ambroisies ne peut pas surveiller seul l’ensemble du territoire wallon. La participation citoyenne est donc essentielle.
Les jardins privés, les mangeoires, les poulaillers ou encore les terrains communaux sont autant de lieux où l’ambroisie peut apparaître sans être immédiatement détectée. Les particuliers sont souvent les premiers à pouvoir repérer de nouvelles populations.
En signalant les plantes observées via des plateformes participatives telles qu’Observations.be ou iNaturalist, ou en contactant directement l’Observatoire wallon des Ambroisies, chacun peut contribuer à une détection précoce de l’espèce.
Une intervention rapide permet d’arracher les plants avant leur floraison et la production de nouvelles graines, limitant ainsi leur propagation.
Chaque signalement constitue donc une contribution précieuse à la protection de la santé publique, de la biodiversité et des écosystèmes wallons.
