Lutte contre la fusariose du bananier



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L’Amérique du Sud (Equateur, Colombie, Costa Rica, Guatemala) est l’un des plus gros exportateurs de bananes. Malheureusement, une épidémie majeure touche cette production ce qui pourrait amener à la déroute financière de nombreux agriculteurs et faire grimper le prix des bananes dans le monde. Le 14 octobre dernier, un article à ce sujet du laboratoire du Professeur Hervé Vanderschuren est parue dans « Nature Food ». Forts de plusieurs décennies d’expérience dans le domaine de la phytopathologie du bananier, plusieurs chercheurs du laboratoire de Plant Genetics (http://www.gembloux.ulg.ac.be/plant-genetics/) et de Phytopathologie Intégrée et Urbaine (https://www.gembloux.ulg.ac.be/phytopathologie/) de Gembloux Agro BioTech (Ludivine Lassois, Sebastien Massart, Cécile Thonar et Caroline De Clerck) ont récemment soumis des projets collaboratifs avec la KU Leuven et d’autres partenaires nationaux et internationaux. Ces projets visent à développer des solutions durables de lutte contre cette maladie en s’appuyant sur une meilleure connaissance de l’interaction entre les racines de bananier et les microorganismes du sol.

Un champignon dévastateur

Cette maladie est causée par un champignon, le Fusarium oxyporum de race tropicale 4, dont la souche mortelle provoque le flétrissement des feuilles de bananiers et la diminution de la production de fruits. On doit rappeler que la production de bananes contribue de manière significative à la sécurité alimentaire. La banane dessert « Cavendish » est aussi un très important produit d’exportation. Vu que cette variété est souvent cultivée en monoculture, l’apparition d’une maladie comme la fusariose (Panama disease) représente une catastrophe. Dès que la maladie a été détectée, un plan d’urgence doit être pris : les fermes de production sont fermées et des mesures de désinfection doivent être prises mais cela ne semble pas suffire. Il est apparu que la seule façon de contenir le pathogène est de détruire toutes les plantes et de mettre les fermes hors de production pendant de nombreuses années, tout en essayant d’empêcher les spores de se répandre lors du ruissellement. Malheureusement, cette maladie est plus difficile à contrôler en Amérique du Sud car de nombreux petits exploitants agricoles ne connaissent pas ou ne peuvent pas se permettre des prendre des mesures de contrôle. Une des solutions proposées est de recouvrir le sol de plastique pour tuer les spores du champignon pathogène qui restent au niveau du sol. Une solution à plus long terme consiste à remplacer les plantes vulnérables par une variété résistante. Un Cavendish génétiquement modifié a par exemple montré une résistance au champignon dans les premiers essais sur le terrain. Il reste à savoir si les consommateurs seront prêts à acheter des bananes transgéniques. Il est cependant certain que la culture de la banane ne peut perdurer sans changements majeurs.. Parallèlement, plusieurs projets de recherches visant à développer des pratiques agroécologiques innovantes permettant de limiter l’impact de cette maladie sont portés par les équipes de Plant Genetics et du laboratoire de Phytopathologie Intégrée et Urbaine de Gembloux Agro-Bio Tech.

Plus d'infos ? http://www.gembloux.ulg.ac.be/plant-genetics/ et https://www.gembloux.ulg.ac.be/phytopathologie/

Article dans Nature Food :

https://www.nature.com/articles/s43016-020-00155-y.epdf?sharing_token=rwafnYXIAw0426gX36OW6dRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0P90LDZaNEWGtNMpgNb0THE5LfkdV2ZZG2vy7oy9AlUHg8kdU0qRRye7xiaIEJsMfYq42hNL3WCPKVHhDn7L_3KIICTAP-YjA-LKRt8t4qe-1hwboioy5aK9Ciu0QvuLDs%3D

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