Murs végétaux

Le Mur Vert de l’Atrium57, un objet d’étude et de perspectives écologiques en ville



L’Atrium57, sur sa terrasse exposée au Clos de l’Orneau, se pare d’un mur végétalisé imaginé par la Spin-off Murvert (en ses débuts). Un aménagement installé fin 2019 qui fait office de sujet d’étude pour des étudiants de l’Unité Biodiversité et Paysage de la Faculté de Gembloux Agro-Bio Tech.

Le mur végétal reprend des couleurs à l’occasion des tardifs premiers jours de soleil pour ce mois de mai. L’Orneau coule paisiblement sous la terrasse de l’Atrium57 et sa façade verdoyante. C’est là que s’opère les analyses de deux étudiantes de la Faculté, Laetitia Forget et Alice Delmée, dont les travaux de fin d’étude s’appliquent chacun à un aspect différent du mur.

« Mon travail de fin d’étude porte sur les insectes pollinisateurs. J’observe d’abord s’il y a des insectes et je les identifie. Le mauvais temps a un peu découragé les insectes dans un premier temps. Si vous regardez plus haut, il y a de petits bacs. Ce sont des pièges à insectes. Cela me permet de constater leur passage, leur diversité, leur quantité et d’en affiner mes observations. En répertoriant les plantes à fleurs présentes, je peux aussi en déduire un indice nectar. C’est une valeur qui traduit la quantité de nectar produite que les pollinisateurs utiliseraient comme une ressource tout en remplissant leur mission de pollinisation. Ces informations nous permettent de documenter les interactions murs-insectes et d’en développer une analyse », explique Laetitia Forget, étudiante en Master 2 Bioingénieur (orientation « gestion des forêts et des espaces naturels »).

« Il y a plusieurs pigeons qui y ont fait leur nid aussi. On y voit des mésanges s’y poser », reprend Alice Delmée (Master GFEN). « Pour ma part, j’étudie surtout les plantes et leurs interactions. En hiver, on n’y voit principalement que les graminées et les fougères. C’est à partir du mois d’avril-mai qu’intervient la floraison. On peut y voir par exemple des cymbalaires des murailles, des géraniums sanguins, des euphorbes ou encore des campanules. Le choix de plantes vivaces permet de ne pas devoir remplacer les plantes chaque année. Elles repoussent d’elles-mêmes et sont choisies pour leurs capacités de résistance aux conditions du mur (verticalité, sécheresse, peu de substrat et dans ce cas-ci, une exposition assez ombragée). Pour analyser leurs développements et interactions, j’étudie les critères de croissance. Je mesure leur hauteur, largeur, la taille au collet (entre les racines et la base de la plante) et recouvrement (l’espace qu’elle occupe). Comme elles sont en condition de stress, les interactions entre les plantes sont exacerbées et cela se vérifie sur les critères de croissance. Si ces critères évoluent de façon positive pour le développement de la plante, on parle de facilitation. Dans le cas contraire, il s’agit alors de compétition ».

 À l’aide d’un nacelle-élévatrice, l’étudiante se perche face aux bacs-verts les plus hauts pour en étudier l’évolution. Un point de vue qui laisse entrevoir les toits de Gembloux et la Faculté, ainsi que la Tour des Sarrasins qui surplombe la rue du Moulin.

Reduit

L’étude des murs végétaux pour l’urbanisme durable de demain

Dans le respect des mesures de sécurité, une étudiante monte dans la nacelle qui la hisse vers les hauteurs du mur. Il s’agit d’en faire un état des lieux, de relever les succès et failles du dispositif pour en optimiser le fonctionnement. « Avec l’été caniculaire de 2020, on a eu plusieurs bacs de plantes qui ont subi la chaleur. Cela va de pair avec le système d’irrigation installé par le partenaire qui reste la partie sensible du dispositif. Il a dû être calibré pour que l’eau soit envoyée jusqu’aux bacs les plus hauts. On optimise encore différents aspects du mur. Je dois parfois enlever des plantes invasives ou même de petits arbustes qui s’invitent dans les bacs. Par contre, on laisse les plus petites plantes à fleurs qui participent à embellir le mur. Par exemple, il y a un ‘Géranium Herbe à Robert’ qui y a élu domicile récemment », explique Alice Delmée.

Les murs végétaux sont des structures qui doivent être multifonctionnelles pour les villes de demain. Les études menées par les étudiantes ne se limitent pas qu’aux interactions des plantes et des insectes : « Il y a aussi deux autres étudiantes. Anaïs étudie la qualité de l’air autour du mur végétal via des capteurs. En fonction des plantes à proximité, elle peut en déduire si certaines variétés ont plus ou moins d’incidences. Louise étudie le système d’irrigation et expérimente différents types de substrats en matières recyclées. Elle travaille sur un autre prototype de mur-test. Grâce à toutes ces informations, on devrait pouvoir fournir des observations et des pistes d’améliorations pour rendre ces murs encore plus durables ».

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