Voyage au Cameroun : L’exploration de l’exploitation forestière certifiée et de la biodiversité tropicale 



Les étudiants de master suivant le module « Foresterie tropicale » sont rentrés de leur voyage au Cameroun. Un dépaysement nécessaire pour y étudier la flore, la faune et l’exploitation forestière menée par « Pallisco », certifiée FSC. L’opportunité de découvrir toutes les étapes de l’exploitation durable des forêts tropicales camerounaises.

Le module de « Foresterie Tropicale » comprend plusieurs cours du master de « Bioingénieur en Gestion des forêts et espaces naturels ». Coordonné par le Professeur Jean-Louis Doucet, il donne l’opportunité à une vingtaine d’étudiants de participer à un voyage à la rencontre directe de leur sujet d’étude, les forêts tropicales. Une étape importante de la formation pour appréhender la réalité du terrain en forêt dense. Une réalité qui passe par la compréhension des points de vue entre les différents acteurs de la gestion d'une entreprise certifiée FSC (Forest Stewardship Council), mêlant les contraintes industrielles, les contextes socioculturels et socioéconomiques, et la préservation de l'environnement.

Jean-Louis Doucet, responsable du module de Foresterie Tropicale et organisateur du voyage, détaille la pédagogie du projet : « C’est une expérience qui permet de développer des soft-skills. Apprendre à vivre en groupe, à côtoyer d'autres nationalités, d'autres corps de métier, découvrir un environnement nouveau, se débrouiller face aux imprévus, gérer les individualités tout en préservant l'unité,... Et d'un point de vue technique, en vivant dans une société forestière, les étudiants ont la possibilité de découvrir toutes les étapes de l'exploitation durable avec des professionnels passionnés par leur métier. La société qui nous accueille met tout en œuvre pour que les explications soient les plus pédagogiques possible ».

Il est loin le plat pays

Le voyage a débuté à Yaoundé, capitale du Cameroun, pour se diriger rapidement vers Mindourou où la société Pallisco accueille les futures bioingénieurs dans un cadre exceptionnel. De nombreuses matières et exercices pratiques leur sont enseignés sur le terrain ; observations, inventaire botanique, gestion de pépinière, opérations de reboisement, etc. De retour à la capitale, les étudiants ont notamment visité une ombrière de l’Université de Yaoundé et sa culture d’orchidée. Ces ombrières servent à l’étude de ces plantes tropicales et permettent d’en apprendre plus sur leur floraison et leur reproduction.

Marjane Kaddouri, étudiante en master de Gestion des Forêts et des Espaces Naturels, développe la spécificité de l’exploitation forestière Pallisco : « La certification FSC repose sur une production responsable intégrant le respect de la faune et de la flore, et des droits des employés. Nous y avons passé plusieurs jours à analyser les espèces, visiter des scieries et les aspects logistiques de l’exploitation. On parle d’une exploitation à faible impact. Abattre un arbre de cette manière demande une plus longue réflexion ».

Bérangère van de Werve, une seconde étudiante de la même promotion, poursuit : « Ils divisent les zones en assiettes annuelles de coupe dans lesquelles ils ouvrent des pistes qui ont un impact mineur sur la santé des écosystèmes. Un seul arbre est exploité par hectare. Il y a un suivi, une évaluation et le respect de normes de sécurité. Le supérieur doit veiller à ce que chacun de ces aspects soit bien respecté ».

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Au-delà de l’exploitation forestière, les étudiants sont là pour développer différents projets de groupes co-encadrés par des spécialistes sur le terrain. Quatre projets au total :

  • Une analyse approfondie d’une cacaotière (avec EticWood, à Kongo), de ses stocks en carbone et de leur diversité. Avec l’appui du Dr Barbara Haurez de l’axe de recherche Plant Science.
  • PhenApp : Le développement d’une application d’encodage de données de terrain sur la fréquence des floraisons et fructifications (phénologie) des espèces de bois d’oeuvre. Ce suivi automatisé permettra d’adapter les diamètres d’exploitation en fonction de la phénologie des espèces. Avec l’appui de Vincent Bailly, responsable sylvicole de Nature +.
  • TNA : L’utilisation de nouvelles technologies (drone, deep learning) en vue de faciliter la reconnaissance des arbres. Avec l’appui de Jean-Yves De Vleeschouwer.
  • ABAC : Une étude anatomique des variétés du Dialium, un bois méconnu d’Afrique dont le potentiel pour l’exploitation forestière reste à étayer.

Le piment du voyage

Le module de Foresterie Tropicale est aussi l’opportunité d’apprendre auprès des acteurs locaux lors de moments plus récréatifs. Bérangère van de Werve reprend : « On a voyagé de longues journées sur les pistes, découvert les conditions de vie ouvrière à Makalaya. On s’est lavé à-même la rivière, visiter un marché, gouter des larves de coléoptère grillé, fait de la pirogue, etc. Toutes ces activités nous ont beaucoup appris sur les réalités de terrain ». Marjane Kaddouri abonde en ce sens : « On a également eu la chance de nous recueillir auprès d’un « Kossipo » millénaire d’au moins 8m de large, avec toute sa composante sacrée. On devait obligatoirement marcher à pieds nus autour. C’était magique. Et surtout, ce voyage, c’est grâce à l’organisation de nos professeurs ! C’était une expérience formidable ».

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Ce projet est rendu possible grâce à un partenariat unique entre des acteurs publics et privés qui supportent la majeure partie des coûts de la formation. Nature +, Pallisco société d’exploitation forestière au Cameroun, le bureau d’études SYLVAFRICA, un mécène privé et l’Université de Liège.

Le module de foresterie tropicale fait partie des actvités du Master Bioingénieur Gestion des Forêts et Espaces Naturels.

Le bioingénieur en Gestion des forêts et des espaces naturels est formé pour répondre aux grands enjeux planétaires comme la déforestation, l'érosion de la biodiversité, les changements climatiques, etc.

Il contribue ainsi à mettre en valeur, au bénéfice de tous et, en particulier, des populations locales, les biens et services que fournissent les écosystèmes.

La formation proposée dans ce master repose sur de multiples activités de terrain.

En savoir plus sur le Master Bioingénieur Gestion des Forêts et Espaces Naturels

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