Enseignement

Trois mémoires au service des aires protégées d’Afrique centrale

Gestion de la faune et développement local



PARC NATIONAL D’ODZALA ET PLAN DE DÉVELOPPEMENT VILLAGEOIS

Clara, Camille et Marine achèvent actuellement leur mémoire de fin d'étude à la Faculté de Gembloux Agro-Bio Tech. Attachées aux enjeux de la conservation en Afrique centrale, ces trois étudiantes ont mis leur savoir-faire de futures ingénieures au service de la gestion des aires protégées.

Clara revient du Congo Brazzaville, en périphérie du Parc National d'Odzala, où elle a contribué à élaborer et appliquer un canevas de Plan de Développement Villageois afin d'hiérarchiser par et pour les populations locales les priorités de développement que la conservation financera.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté d’African Parks (ONG gestionnaire de l’aire protégée) d’impliquer les communautés vivant à l’intérieur et en périphérie du parc (plus de 10 000 personnes) dans les processus de gestion. Cette participation active doit permettre de s'assurer que les besoins socio-économiques des villageois soient satisfaits, et que ceux-ci puissent continuer à utiliser les ressources naturelles qu’ils trouvent en forêt, mais de manière durable. A cette fin, le parc d'Odzala est divisé en différentes zones d'éco-développement dans lesquelles l'agroforesterie et le prélèvement des ressources forestières à des fins de consommation sont autorisées et facilitées. Des programmes de moyens de subsistance alternatifs sont étudiés pour la périphérie du parc, notamment le développement d’une filière de cacao. Ces projets sont conçus pour stimuler les opportunités économiques pour les populations locales et réduire la pression du braconnage sur le parc.

 

Parc national de Lobéké et communauté de grands mammifères

De son côté, Camille a déployé une grille de camera-pièges au cœur du Parc National de Lobéké, en pleine forêt dense du Cameroun, afin d'évaluer la richesse de la communauté de grands mammifères.

Si Camille s’est principalement intéressée aux éléphants, gorilles et chimpanzés, espèces emblématiques, l’aire protégée de ce parc est associée à une grande diversité d’habitats contigus et d’espèces sauvages rares, dont de nombreuses y sont endémiques.

Dans cette région, les efforts de gestion sont partagés entre trois pays au sein du TNS, le Tri-national de la Sangha, une initiative de conservation initiée par le Cameroun, la République du Congo et la République Centrafricaine. En juillet 2012, le TNS est devenu la toute première zone transfrontalière à être inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Ce vaste espace à vocation multifonctionnelle comprend trois parcs nationaux, six concessions forestières, quatre zones de chasse sportive, et une zone d’agroforesterie. Au sein du TNS, le WWF œuvre avec les communautés locales (plus de 23 000 personnes), les organisations locales et le gouvernement camerounais  à la promotion d’une gestion durable de la biodiversité, et contribue à améliorer les conditions de vie et de subsistance des populations du parc.

 

Parc national du Niokolo Koba, faune et tourisme

Enfin, Marine a également déployé des caméra-pièges dans la savane sénégalaise au Parc National du Niokolo Koba au Sénégal afin de documenter les animaux plus discrets, comme les hyènes ou les buffles.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le parc abrite une grande diversité d’animaux sauvages et développe un éco-tourisme responsable. Il est ainsi possible de profiter de safari sauvage tout en participant concrètement à la préservation du parc, à sa défense et à son développement durable. Pour ce faire, le projet NiokoLodge réalise des investissements dans les activités écologiques, économiques et sociales des villages en bordure du parc : sensibilisation à la gestion des déchets, protection de la biodiversité, peuplements semenciers,  soutien aux gardes, lutte contre le braconnage et les incendies volontaires, ou encore protection des derniers éléphants voire réintroduction de nouveaux individus.

 

Tous trois encadrés par le Pr Vermeulen, ces mémoires s'inscrivent dans un réseau professionnel (ils sont réalisés avec l'appui d'Afrikan Parks, du WWF et du Niokologde). Ils témoignent de la place grandissante de l'Ingénierie de la conservation dans les thématiques facultaires et du caractère appliqué et utile que peuvent revêtir des mémoires de fin d'étude pour des gestionnaires d'aires protégées, tant sur le plan social que sur le plan de la biodiversité.

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