Projet AGROSENSOR



Le projet AGROSENSOR, dont Gembloux Agro-Bio Tech - Université de Liège est l'un des partenaires scientifiques, vient d'être accepté.

AGROSENSOR est un projet « pôle de compétitivité WAGRALIM » financé à hauteur de 1,3 M€ et dont le porteur du projet est l’entreprise B-sens. Les partenaires du projet sont, du côté universitaire, Gembloux Agro-Bio Tech - Université de Liège (Marie-Laure Fauconnier), l’UMons, l’UCL et Materia Nova et, côté entreprise, Unisensor, Walagri et Lovenfosse.

Le projet AGROSENSOR vise à mettre au point de nouveaux capteurs de gaz innovants utilisant des matériaux sensibles à base de polymères à empreinte moléculaire (MIP) qui permettraient le développement d’outils de diagnostic rapide dans le domaine agroalimentaire. La détection de gaz spécifiques indicateurs d’anomalie (composés organiques volatils marqueurs) permet en effet de détecter plus rapidement des problèmes (contamination fongique, apparition d’odeurs indésirables, etc…) sans passer par des méthodes d’analyse complexes. Il s’agit d’une technologie innovante et les applications potentielles sont très nombreuses tout comme les secteurs potentiellement demandeurs de tels dispositifs : détection précoce de maladies post-récolte pour les céréales, fruits et légumes stockés en vrac, détection précoce de la présence d’insectes dans des denrées stockées, détection précoce de maladies au champ, suivi phytosanitaire de denrées lors des transports (containers intelligents), etc…

Dans le cadre de ce projet, deux contextes ont été sélectionnés pour développer des démonstrateurs de capteurs afin de répondre à deux problématiques cruciales dans le secteur agro-alimentaire belge, européen et mondial : celui de la détection de l’odeur de verrat (boar taint) chez les porcs non-castrés en abattoir et la détection de mycotoxines à la réception de céréales (contamination par Fusarium graminearum sur blé tendre). 

La première problématique concerne le tri des carcasses de porcs non castrés dont un pourcentage non négligeable est impropre à la consommation sans transformation (ou destiné à l’exportation vers certains pays) à cause d’une odeur de verrat (boar taint) qui se développe à la cuisson. Il n’existe à l’heure actuelle aucune technique rapide et fiable pour effectuer ce tri à l’abattoir. Pour l’instant, la proportion de porcs non castrés arrivant à l’abattoir est encore faible et la détection du défaut de qualité est effectuée manuellement par un opérateur formé spécifiquement pour détecter par olfaction les carcasses odorantes. La méthode reste cependant subjective et variable d’un opérateur à l’autre (précision <60%). L’interdiction prochaine de la castration des porcs en Belgique mais également très bientôt dans d’autres pays européens va rendre cette problématique encore plus cruciale à court terme. 

Dans le domaine des céréales, la détection de mycotoxines qui peuvent être présentes dès la mise en silo (contamination en champ) ou se développer au cours du stockage reste une problématique critique. Les méthodes de détection existantes sont soit longues et coûteuses car basées sur des techniques analytiques complexes (LC-MS-MS : environ 350 € par échantillon, tests ELISA : environ 50 € par échantillon), ou très peu précises (tigettes, 12 € par échantillon). En Europe, les principaux problèmes sont rencontrés avec le blé tendre où les refus de marchandise, le déclassement de lots de la filière FOOD vers la filière FEED peuvent représenter, certaines années, 50 % du volume de production. Détecter précocement les lots à problème (ou potentiellement à problème) lors de la réception des céréales peut permettre de prendre rapidement des mesures visant à réorienter les lots ou à modifier les conditions de stockage (aération) pour minimiser l’impact économique. Les mycotoxines ne sont pas des composés volatils mais il a été montré que leur production pour les souches fongiques étaient associées à la production spécifiques de certains COV spécifiques. L’objectif est donc de développer des capteurs connectés pour la détection de ces composés organiques volatils marqueurs (COV marqueurs) qui permettront ainsi un diagnostic rapide sans préparation d’échantillons et analyses complexes en laboratoire.

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